stilnox

16 Janvier 2014 , Rédigé par pouramina

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Au lieu de les plonger dans un sommeil profond, comme le fait tout somnifère, les patients dans le coma traités au Zolpidem - un somnifère générique - font état d'améliorations remarquables concernant la parole et le mouvement, se remettant à communiquer avec leurs proches pour la première fois depuis des années.

Sam Goddard (vidéo ci dessus datant de 2011) fait partie d'entre eux.

Le docteur Wally Nel, du centre de réadaptation Ikaya Tinivorster à Springs, près de Johannesburg, Afrique du Sud, a depuis prescrit la pilule à plus de 150 patients atteints de lésions cérébrales et a constaté des améliorations dans environ 60 pour cent d'entre eux.

Nicholas Schiff propose un élégant modèle de circuit en boucle, que semble confirmer une étude d’imagerie cérébrale de Steven Laureys, en cours de publication. En temps normal, le cortex frontal – la fine écorce à l’avant de notre cerveau – active une structure cérébrale profonde, le striatum, qui lui-même inhibe une structure proche, le pallidum, qui inhibe à son tour le thalamus. Celui-ci ferme la boucle en activant le cortex frontal – deux inhibitions produisant une activation. « Cette boucle complexe permet de réguler l’activité du lobe frontal – “chef d’orchestre” des comportements intentionnels – en fonction des cycles veille-sommeil », précise le professeur Lionel Naccache, neurologue à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM, Inserm-UPMC), au sein de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris).


« EXTINCTION » MAJEURE DU CORTEX FRONTAL

Mais, en cas d’accident cérébral, les neurones inhibant le pallidum seraient les premiers touchés. D’où une « extinction » majeure du cortex frontal – et l’abolition plus ou moins complète des fonctions de la vie sociale des patients : conscience, motilité, sensibilité. Le zolpidem restaurerait cette activité corticale en inhibant les cellules inhibant le pallidum.

« Les patients bénéficiant du zolpidem seraient ceux dont le cortex est préservé. Leurs troubles de la conscience viendraient d’une anomalie des réseaux sous-corticaux », indique le professeur Stanislas Dehaene, directeur du laboratoire de neuro-imagerie cognitive à Neurospin (Inserm-CEA, à Saclay). Faut-il rapprocher cette action stimulante du zolpidem des « réactions paradoxales » sous benzodiazépines : sédatives, elles entraînent parfois une agitation et des comportements destructeurs ? « A la Pitié-Salpêtrière, nous avons suivi six patients répondant au zolpidem. Tous étaient dans un état de conscience minimale ou de grande apathie, mais je n’ai pas connaissance d’un patient qui soit sorti d’un état végétatif sous l’effet de ce médicament, souligne Lionel Naccache. Même chez les patients répondeurs, le zolpidem ne normalise pas la cognition et le comportement mais il procure une amélioration évidente, parfois spectaculaire. »

l'étude américaine (novembre 2013) est ici
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